« Pour une fois, la traverse du Bon Secours était calme : aucun galopin n’y chahutait, aucun corps à corps de couple, amoureux ou sur les nerfs, ne s’y écoutait, aucun père ivrogne ne cognait sur ses gosses. Beniamino Cappelletti pouvait, enfin, se reposer dans son meublé décrépit, allongé sur sa couche inconfortable, que son propriétaire osait appeler un lit. Certes, il entendait, lancinant, le carillon étouffé des gouttes d’eau sur l’évier en fer-blanc et aussi, le claquement de la porte de l’immeuble, chaque fois qu’on entrait ou sortait. Mais, pour une fois, cela ne l’éloignait pas des berges bienveillantes du repos et de la paix de l’esprit. Ainsi, entre les lueurs blanchâtres de la fatigue, il recevait, à demi conscient, des cartes postales de souvenirs ; toutes en provenance de sa Toscane natale. Et ce n’était pas forcément, à chaque fois, agréable. »
Marseille dans les années 1920. Un architecte italien qui a dû émigrer se retrouve employé comme maçon par un architecte de renom, et mêlé à plusieurs affaires sentimentales, meurtrières et d’influence…
« Un polar envouté. »
Georges Foveau.
« Malocchio n’est pas seulement un roman noir, c’est aussi la mémoire italienne de la cité métisse qu’est Marseille. »
Stefania Nardini.
By Bruno Leydet